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Bornes de recharge

Borne de recharge en copropriété : droit à la prise et démarches

En copropriété, le syndic ne peut pas refuser votre borne sans motif sérieux et légitime : c’est le droit à la prise. Voici la procédure, les votes en assemblée générale et les aides Advenir en vigueur en 2026.

Publié le 28 septembre 2026 · 6 min de lecture

Ce qu'il faut retenir

  • Le droit à la prise permet à un copropriétaire ou à un locataire d’installer à ses frais une borne sur sa place privative ; le syndic ne peut s’y opposer que pour un motif sérieux et légitime.
  • La demande se fait par lettre recommandée avec accusé de réception au syndic, avec un descriptif des travaux et un plan.
  • Pour s’opposer, la copropriété doit saisir le tribunal judiciaire dans les six mois suivant la demande.
  • Depuis le 1er avril 2026, la prime Advenir couvre 50 % d’un point de recharge individuel en immeuble collectif, dans la limite de 1 000 € HT.

Vous venez d’acheter une voiture électrique, votre place de parking est au sous-sol, et la seule prise du garage alimente l’éclairage commun. Installer une borne en copropriété fait souvent peur : il faut passer par le syndic, traverser des parties communes, compter l’électricité consommée. Pourtant, la loi a simplifié les choses depuis 2015, et les aides ont été revalorisées en 2026. Voici comment procéder, que vous soyez propriétaire ou locataire.

Borne de recharge en copropriété : ce que dit le droit à la prise

Le droit à la prise est inscrit à l’article L113-16 du code de la construction et de l’habitation. Il permet à tout occupant (copropriétaire ou locataire) d’équiper sa place de stationnement d’une borne, à deux conditions : les travaux sont à ses frais, et la consommation électrique est comptée de façon individuelle, pour que la copropriété ne paie pas votre recharge.

Le syndic ne peut s’y opposer que pour un motif sérieux et légitime. La loi en cite deux : l’existence d’une installation permettant déjà la recharge, ou la décision de la copropriété de réaliser elle-même une infrastructure dans un délai raisonnable. Un simple refus de principe, ou la crainte de « créer un précédent », ne suffit pas. Le syndic doit aussi permettre l’accès aux locaux techniques pour que votre électricien puisse étudier l’installation et établir son devis.

Les démarches, étape par étape

Selon la procédure décrite par le ministère de la Transition écologique, le parcours se déroule ainsi :

  • Faire établir un descriptif : un électricien qualifié IRVE visite le parking, repère le point de raccordement et prépare un descriptif détaillé des travaux, accompagné d’un plan ou d’un schéma.
  • Envoyer la demande en lettre recommandée avec accusé de réception au syndic ; si vous êtes locataire, au propriétaire avec copie au syndic.
  • Laisser la copropriété se prononcer : la question est inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée générale, dans un délai de trois mois selon le ministère.
  • Attendre la fin du délai d’opposition : si la copropriété veut s’opposer, elle doit saisir le tribunal judiciaire dans les six mois suivant la réception de votre demande. Sans saisine, vous pouvez faire réaliser les travaux.
  • Signer la convention : avant les travaux, une convention entre le syndicat et l’installateur (ou l’opérateur) fixe les conditions d’accès, d’intervention et d’entretien.

Le coût reste à votre charge : matériel, câble jusqu’à votre place, éventuel sous-compteur et main-d’œuvre.

Si le syndic refuse ou ne répond pas

Un refus par simple courrier, ou un silence, ne vous prive pas de votre droit : c’est à la copropriété d’aller devant le juge si elle veut bloquer les travaux, dans le délai prévu. Gardez précieusement l’accusé de réception, qui fait partir ce délai, et une copie de tout votre dossier. Si le syndic invoque un projet collectif, demandez à voir la résolution votée ou le calendrier précis : une vague intention ne constitue pas un motif légitime. En cas de blocage persistant, le conseil syndical peut servir d’intermédiaire, et un avocat ou une association de copropriétaires vous aidera à faire valoir vos droits avant tout contentieux.

Solution individuelle ou infrastructure collective ?

Le droit à la prise sert quand vous êtes seul, ou presque, à vouloir recharger. Dès que plusieurs résidents sont intéressés, une infrastructure collective (un réseau électrique dédié qui dessert tout ou partie des places) coûte souvent moins cher par place et évite de multiplier les câbles dans les parties communes.

SolutionQui décideQui paiePrime Advenir (barème au 1er avril 2026)
Point de recharge individuel (droit à la prise)Le résident, le syndic ne pouvant s’opposer que pour motif sérieuxLe résident50 %, plafond 1 000 € HT par point
Infrastructure collectiveL’assemblée généraleLe syndicat des copropriétaires, puis chaque résident pour son point de charge50 %, plafond 12 500 € HT hors voirie (plus 125 € par place au-delà de 100)
Point de recharge partagéL’assemblée générale ou le bailleurLe syndicat ou le bailleur, refacturé à l’usage50 %, plafond 1 660 € HT par point

Côté vote, la fiche officielle sur les règles de vote distingue deux décisions : équiper des places à usage privatif de bornes relève de la majorité simple (article 24 de la loi de 1965), tandis que créer ou modifier les installations électriques qui alimentent les places avec un comptage individuel relève de la majorité absolue (article 25). Certains opérateurs, ou le gestionnaire du réseau public de distribution, proposent aussi de financer l’infrastructure collective sans avance de la copropriété, le coût étant ensuite répercuté sur les résidents qui se raccordent.

Advenir et autres aides en 2026

Le programme Advenir, financé par les certificats d’économies d’énergie, a revalorisé ses primes pour l’habitat collectif à compter du 1er avril 2026, comme l’annonce le programme lui-même : 1 000 € HT au lieu de 600 € pour un point individuel, 12 500 € HT pour une infrastructure collective, avec un complément pour les travaux de voirie des parkings extérieurs. Pour une infrastructure collective, la date de référence est celle du vote en assemblée générale.

Deux autres points comptent. La TVA à 5,5 % s’applique à la pose d’une borne dans un logement, sous conditions techniques et de qualification de l’installateur. Le crédit d’impôt borne, en revanche, ne concerne plus les dépenses payées depuis le 1er janvier 2026. Le détail figure dans notre article sur les aides à la borne de recharge en 2026.

Les points techniques à régler avec l’électricien

  • Le comptage : soit le câble part du tableau de votre logement (votre compteur mesure la recharge), soit un sous-compteur est posé près de la place. Dans les deux cas, la copropriété ne doit rien payer pour vous.
  • La distance : un logement au cinquième étage et une place au deuxième sous-sol, c’est parfois 50 mètres de câble, ce qui pèse sur le devis.
  • La puissance disponible : une borne de 7,4 kW peut imposer d’augmenter l’abonnement de votre logement, ou de choisir une borne qui module sa puissance.
  • Le parking extérieur : fourreaux, tranchée et matériel adapté aux intempéries augmentent le coût, d’où le complément Advenir pour la voirie.

Pour le choix de l’équipement lui-même, notre guide pour installer une borne de recharge détaille puissances et étapes.

En résumé

Si vous êtes le premier résident à rouler à l’électrique, lancez le droit à la prise sans attendre l’assemblée générale : faites préparer un descriptif, envoyez votre recommandé et profitez de la prime Advenir de 1 000 € HT. Si plusieurs voisins sont intéressés, poussez plutôt une infrastructure collective au vote, mieux aidée et plus simple à long terme. Dans les deux cas, comparez les électriciens qualifiés de votre ville pour obtenir un descriptif et un devis solides.

Votre demande de borne en copropriété est-elle prête ?

Quatre questions pour savoir si vous pouvez lancer la démarche auprès du syndic dès maintenant.

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