Rénovation et mise aux normes
Norme NF C 15-100 : ce qu’elle impose pièce par pièce en 2026
La norme NF C 15-100 fixe les règles d’une installation électrique de logement : nombre de prises, circuits, protections. Voici ce qu’elle impose pièce par pièce et quand elle s’applique vraiment en rénovation.
Ce qu'il faut retenir
- La NF C 15-100 est la norme qui encadre les installations électriques des logements ; sa version 2024, publiée en août 2024, est obligatoire depuis le 1er septembre 2025 pour les installations neuves ou entièrement rénovées.
- Elle fixe des minimums par pièce : au moins 3 prises dans une chambre, 6 dans une cuisine dont 4 au-dessus du plan de travail, 5 au moins dans un séjour.
- Tous les circuits sont protégés par des interrupteurs différentiels 30 mA, au moins deux, dont un de type A.
- Une installation existante qui fonctionne n’a pas à être mise aux normes ; seules les parties refaites doivent respecter la version en vigueur.
Au moment de refaire une cuisine ou de rénover une maison, le mot revient dans tous les devis : « conforme NF C 15-100 ». Derrière ce sigle se cache une norme technique épaisse, qui décide du nombre de prises, de la section des câbles ou du type de différentiel à poser. Vous n’avez pas besoin de la connaître par cœur, mais savoir ce qu’elle impose vous permet de vérifier qu’un devis n’oublie rien, et de repérer ce qui relève de l’option. Voici l’essentiel, pièce par pièce.
Norme NF C 15-100 : de quoi parle-t-on ?
La NF C 15-100 est la norme française des installations électriques à basse tension. Elle couvre tout ce qui se trouve après le compteur : tableau, circuits, prises, éclairage, protections, terre. Selon Promotelec, la version 2024 est devenue obligatoire le 1er septembre 2025 pour toutes les installations neuves ou totalement rénovées. Elle se présente désormais comme une série de plusieurs documents au lieu d’un seul volume.
Parmi les évolutions qui concernent un particulier :
- Le différentiel de type F fait son entrée pour les circuits qui alimentent des appareils à variateur de vitesse, comme une pompe à chaleur ou une climatisation.
- Les détecteurs d’arc (DPDA) sont recommandés, sans être obligatoires, pour repérer tôt un échauffement de câble ou de connexion.
- La recharge des véhicules électriques dispose de règles propres : circuit dédié, protection différentielle 30 mA par point de recharge.
- La protection contre les surtensions est précisée, avec un parafoudre sur le réseau de communication en cuivre dès qu’un parafoudre protège le tableau.
Ce que la norme impose pièce par pièce
Les minimums ci-dessous reprennent ceux présentés par Promotelec dans sa fiche sur l’équipement minimal. Ce sont des planchers : rien n’interdit d’en prévoir davantage.
| Pièce | Prises de courant minimum | Autres exigences |
|---|---|---|
| Séjour | 1 par tranche de 4 m², au moins 5 (au moins 7 au-delà de 28 m²) | Un point lumineux commandé depuis l’entrée, 2 prises RJ45 près des prises de courant |
| Chambre | 3 | Un point lumineux, une prise de communication |
| Cuisine | 6, dont 4 au-dessus du plan de travail (3 si la cuisine fait moins de 4 m²) | Circuit 32 A pour la cuisson, circuits dédiés pour le four, le lave-vaisselle, le lave-linge ou le sèche-linge |
| Salle de bains | 1, hors des volumes proches de la baignoire ou de la douche | Liaison équipotentielle des éléments métalliques, appareils adaptés selon les volumes |
| Couloir, entrée | 1 si la surface dépasse 4 m² | Un point lumineux |
| Gaine technique (GTL) | 2 prises 16 A sur un circuit dédié | Regroupe tableau, box et arrivée des réseaux |
Chaque pièce doit aussi disposer d’au moins un point lumineux, avec une commande placée près de l’entrée. Les prises de communication (RJ45) sont réparties selon le nombre de pièces du logement.
Circuits et protections : les règles du tableau
La norme organise l’installation en circuits, chacun protégé par un disjoncteur adapté à la section de ses câbles. Pour les prises de courant, Promotelec rappelle deux limites : 8 prises au maximum sur un circuit en 1,5 mm², et 12 au maximum sur un circuit en 2,5 mm². Les gros appareils ont leur propre circuit :
- un circuit 32 A pour la plaque de cuisson ou la cuisinière ;
- des circuits dédiés, en 16 ou 20 A, pour le four, le lave-vaisselle, le lave-linge et le sèche-linge ;
- un circuit pour le chauffe-eau électrique et, selon les cas, pour chaque groupe de radiateurs ;
- un circuit dédié pour une borne ou une prise de recharge de véhicule électrique.
Tous ces circuits sont placés derrière des interrupteurs différentiels 30 mA, qui coupent le courant en cas de fuite vers la terre. Il en faut au moins deux : un de type AC et un de type A, ce dernier protégeant notamment la plaque de cuisson et le lave-linge. Répartir l’éclairage et les prises sur plusieurs différentiels évite de plonger toute la maison dans le noir au moindre défaut. Le détail des types et du nombre à prévoir est dans notre article sur le disjoncteur différentiel 30 mA.
Enfin, l’installation doit être reliée à une prise de terre, et les éléments métalliques de la salle de bains (canalisations, baignoire métallique) reliés entre eux par une liaison équipotentielle.
Quand la norme s’applique-t-elle en rénovation ?
C’est la question que se posent la plupart des propriétaires, et la réponse est plus souple qu’on ne le croit :
- Installation existante non modifiée : aucune obligation de mise aux normes, même si elle date d’une version ancienne de la norme.
- Rénovation partielle : les circuits créés ou refaits doivent respecter la version en vigueur, et rester compatibles, du point de vue de la sécurité, avec les parties non rénovées.
- Rénovation complète : l’ensemble de l’installation suit la version en vigueur. Si le distributeur a coupé le courant à votre demande pour les travaux, une attestation de conformité visée par le Consuel est obligatoire avant la remise sous tension, selon l’article D342-19 du code de l’énergie.
- Location : le bailleur doit fournir une installation sûre, ce qui correspond aux six exigences minimales de sécurité et non à la norme complète.
Autrement dit, la norme s’impose à ce que l’on refait, pas à ce que l’on garde. Si votre installation est ancienne sans que vous prévoyiez de gros travaux, la priorité est la sécurité plutôt que la conformité complète : notre article sur la mise en sécurité électrique détaille ces six points.
Vérifier un devis « conforme NF C 15-100 »
La mention seule ne garantit rien. Un devis sérieux permet de contrôler, pièce par pièce, ce qui sera posé :
- le nombre de prises, de points lumineux et de prises RJ45 prévus dans chaque pièce, à comparer aux minimums du tableau ci-dessus ;
- la liste des circuits spécialisés, avec leur calibre ;
- le nombre et le type des interrupteurs différentiels (AC, A, F) et la répartition des circuits entre eux ;
- la prise de terre : mesure prévue, création ou amélioration si nécessaire ;
- la mention de l’attestation Consuel lorsqu’elle est obligatoire, et qui en paie les frais.
Si deux devis affichent des écarts importants, ces lignes expliquent souvent la différence.
En résumé
Ne cherchez pas à mettre toute votre maison aux normes par principe : appliquez la NF C 15-100 aux pièces que vous rénovez, en profitant des travaux pour prévoir les circuits dédiés dont vous aurez besoin demain (borne, pompe à chaleur, plaque à induction). Vérifiez sur chaque devis le nombre de prises par pièce et les différentiels prévus, puis confiez le chantier à un électricien qui s’engage par écrit sur la conformité. Pour comparer plusieurs propositions, vous pouvez demander des devis gratuits.
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